Moins de dossiers déposés à la BDF dans les Hauts-de-France, mais tout n"est pas rose
12.04.2017
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Selon la Banque de France, le nombre de dossiers déposés a baissé de 10 % sur un an. À Amiens, l’association spécialisée Cyprès, elle, n’a pas vu sa charge de travail diminuer.

Dans une région des Hauts-de-France où un million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, le chiffre sonnera comme une bonne nouvelle. Selon une étude de La Banque de France, le taux de surendettement serait en baisse de 10,6% sur un an au niveau national. Ce recul, sensible, serait tendanciel depuis trois ans. À la succursale d’Amiens de la banque, son directeur Odile Franses confirme «  une inflexion de la courbe des dépôts de dossiers de puis 2014, l’année 2013 ayant connu un accroissement lié à un changement législatif  ». Illustration dans la Somme : 2260 dossiers y ont été déposés en 2016, contre 2 568 en 2014 (soit -12 %). Rapporté à la population, le nombre moyen de dossiers pour le département est passé de 542/100 000 habitants en 2011 à 484 l’an dernier.

L’endettement moyen en hausse

Sur les montants, l’endettement moyen serait, lui, plutôt à la hausse, complète la Banque de France. Dans la Somme, il est passé de 36 774 euros en 2011 à 39 647 euros en 2016 (+2900 euros), sachant que les revenus annuels moyens ont eux aussi augmenté dans la même période.

Ce recul du nombre de dossiers, la Banque de France l’explique d’abord par un repli des crédits à la consommation. Leur part dans l’endettement des personnes concernées a baissé de 20 % en 5 ans au niveau national. La baisse des taux (plus faciles pour rembourser) s’est conjuguée à la loi Lagarde (plus protectrice pour le consommateur). «  Le crédit «revolving» est davantage encadré. Nous avons aussi effacé beaucoup de dettes  », analyse Odile Franses.

Effacement de dettes

À l’association Cyprès, spécialisée dans l’aide aux surendettés, l’inflexion de l’étude laisse perplexe, compte tenu de la conjoncture. Globalement, le niveau de revenu des ménages surendettés reste faible  : 75 % disposent de ressources mensuelles inférieures ou égales à 2000 euros. Dans les Hauts-de-France, en 2012, les habitants avaient le niveau de vie le plus faible de la métropole, la moitié d’entre-eux vivant avec moins de 18 10 euros par an.

«  Nous, nous ne voyons pas de baisse du nombre de dossiers, alors même que l’on voit de plus en plus de gens frappés par la précarité, et que les Centres communaux d’action sociale sont toujours plus sollicités  », conteste Nathalie Nolen, la directrice. Si cette observatrice aguerrie du sujet admet que les effacements de dettes ont bien augmenté «  de 12 à 31 % des dossiers en 10 ans  », afin d’éviter les «  redépôts  », d’autres facteurs ne doivent pas être oubliés.

Rachat de crédit

Les organismes de crédit notamment ont «  renforcé leur politique de rachat de crédit  », histoire de récupérer au plus vite leurs créances, et ainsi éviter justement leur effacement. Les procédures de recouvrement également « ont accéléré. Et puis, l es gens s’autocensurent sans doute davantage, avant de se décider à déposer un dossier  », ajoute encore Nathalie Nolen. Qui sait pourtant les difficultés encore immenses. La Région Hauts-de-France reste, en effet, celle qui enregistre le plus grand nombre de dossiers (plus de 500/100 000) dans le pays. L’Aisne détient un taux record de 605 dossiers pour 100 000 habitants.

Source : Courrier Picard







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